La supérioritédu Purevax®

(Première partie)

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Il s'agit d'un essai comparatif entre le PurevaxND et le Fel-O-VaxND, commercialisé en France sous le nom de FevaxynND.

 

Hofmann-Lehmann R, Tandon R, Boretti FS et coll. (2006). Reassessment of feline leukemia virus (FeLV) vaccines with novel sensitive molecular assays.Vaccine 24(8):1087-1094.

En préambule on pourra lire aussi des mêmes auteurs:

Hofmann-Lehmann R, Huder JB, Gruber S et coll. (2001). Feline leukemia provirus load during the course of experimental infection and in naturally infected cats.J Gen Virol 82 : 1589-1596

 

Les auteurs ont développé une méthode PCR permettant de detecter l'ADN proviral intégré dans l'ADN cellulaire. La mise en oeuvre de celle-ci permet de montrer qu'un portage viral sous la forme d'ADN proviral est possible malgré une antigénémie négative. De même, aucun des deux vaccins (PurevaxND et FevaxynND) ne peut empêcher l'intégration de l'ADN. Donc aucun ne confère une immunitée "stérilisante".

Une methode RT-PCR (Reverse Transcriptase PCR) permet de detecter l'ARN viral. Comme précédement, la technique de PCR temps réèl est utilisée pour quantifier le nombre de brins d'ARN présents.

Les auteurs montrent une corrélation positive entre la charge virale et le statut de virémique persistant : Ces derniers présentent les charges les plus élevées à partir de la deuxième semaine suivant l'innoculation. Des résulats similaires sont obtenus avec la charge provirale. Ces paramètres quantitatifs pourraient être employés à la place de la fraction de prévalence dans les études d'efficacité des vaccins anti-FeLV.Ils devraient permettre une évaluation plus fine et donc permettre de diminuer le nombre de sujets de l'étude. Cependant ces facteurs d'analyse méritent d'être validés avant leur utilisation, surtout dans un essai comparatif.

 

La voie intra-péritonéale est très loin de l'infection naturelle. En revanche elle constitue une épreuve virulente très agressive qui permet d'obtenir un taux important de virémiques persistants sans faire appel aux corticoïdes. En générale, elle permet de diminuer le nombre de chats nécessaires à l'essai.

Comme nous l'avons vus précédement, la séparation des lots ne permet pas garantir de une pression infectieuse comparable entre les lots, même si la dose innoculée au départ est identique pour tous les chats. A priori, chez les vaccinés la pression est moindre, puisque certains chats sont attendus comme étant protégés et non excréteurs.

 

 
Placebos
Fevaxyn
Purevax
Virémiques persistants
9
5
2
Avirémiques
1
5
8
Dans le cas précédent nous avions calculé les intervalles de confiance pour les proportions, cette fois-ci nous allons tout simplement vérifier si il existe une différence significative entre les échantillons Fevaxyn et Purevax.

La différence n'est significative qu'au seuil de 35%, or le seuil maximal acceptable est de 5%. Faites le calcul vous même avec la calculette du simple.

Ainsi il n'y a pas de différence significative entre les deux vaccins et la protection est la même.

Quelle décéption! Le Purevax, protégeant mieux que le Fevaxyn qui protégeait déjà à 100% cela faisait rêver!

 

Merial choisit de montrer sur sa plaquette commerciale des resultats non significatifs basés sur le calcul de la fraction de prévalence. C'est plutôt maladroit, car en l'état cette plaquette est tout à fait mensongère, elle accorde une valeur à des resultats qui ne le méritent pas.

Lorsqu'un essai ne permet pas de mettre en évidence une différence significative entre deux échantillons, il y a deux raisons à cela :

Ainsi lorsque les résulats ne sont pas significatifs, en toute rigueur il est nécéssaire de préciser la puissance de l'étude. Cette notion sera abordée dans la seconde partie de l'analyse et une calculette sera disponible.

La discussion des auteurs surpend un peu lorsque ceux-ci soulignent l'absence de différence significative entre le lot Fevaxyn et le lot témoin. Car dans le même temps ils se gardent bien de préciser qu'il n'y a pas de différence significative non plus entre les deux vaccins.

Toujours dans la discussion, les auteurs rappellent que les charges virales et provirales sont significativement plus élevées dans le lot Fevaxyn que dans les autres lots, la première semaine. Peut-être laissant entendre qu'avec le Fevaxyn c'est encore pire que pas de vaccin du tout. Or les auteurs ont montré une corrélation entre les charges virales (et provirales) et la virémie persistante significative à partir de la deuxième semaine. Donc cette corrélation ne peut être appliquée à la première semaine. Par ailleurs la première raison qui vient à l'esprit pour expliquer cela, c'est que la charge virale initiale, donc innoculée était peut-être supérieure dans ce lot. Ce qui bien entendu constitue un biais majeur. Cette hypothèse n'est évidemment pas mentionnée par les auteurs.

Si vous êtes toujours accrochés vous pouvez passer à la suite de l'analyse.